1972

Vive le cinéma - François Truffaut
Vive le cinéma

video 13 févr. 1972 8461 vues 49min 26s
Première émission de cette série qui a pour objectif de présenter le cinéma vivant saisi dans sa plus vaste actualité. Le générique de début est précédé de la rubrique "SI VOUS AVEZ ENVIE" (d'aller au cinéma) : une voix off mentionne une liste de films à l'affiche et leurs réalisateurs et de "DANS LES JOURS" (à venir), une autre liste de films qui seront bientôt à l'écran. C'est dans son bureau situé dans les locaux des films du Carrosse, rue Robert Etienne que François Truffaut, critique de cinéma le plus lu et le plus redouté en 1955, parle des films qu'il a retenus dans l'actualité cinématographique du mois. Il se plait d'abord à rappeler un slogan américain qui dit que chacun a deux métiers, "le sien et critique de cinéma", le cinéma étant le seul art véritablement populaire sur lequel tout le monde aime à donner son avis. Sa curiosité la plus grande va aux premiers films des nouveaux réalisateurs, très "précieux" par ce qu'ils révèlent de leurs auteurs, au nombre desquels "Eglantine" de Jean Claude Brialy. BT du film. Phrase brève de Jean Claude Brialy : "Je me souviens plus des sensations de mon enfance que des évènements". François Truffaut parle ensuite de "Franz", premier film réalisé par Jacques Brel et interprété avec Barbara, du premier film de Pierre Tchernia "Le viager", avec Michel Serrault (nombreux BT de l'acteur). A ce propos, François Truffaut fait l'éloge de Michel Serrault, comique "de la famille Devos" dont il évoque l'apparition magnifique dans un rôle de clochard reconnaissant un ami devenu ministre dans "La belle américaine". Brèves images de Michel Serrault, chez lui, en compagnie de Pierre Tchernia et René Goscinny. Ils regardent des photos et évoquent leurs souvenirs d'acteurs. François Truffaut parle de la production cinématographique française (environ 110 films/an) et du système de l'avance sur recettes qui a permis d'encourager les premiers films. Il déplore toutefois que la distribution de ces films laisse à désirer, comme c'est le cas pour "Pic et pic et colegram" de Rachel Weinberg. Il pense que le titre nuit au film qui raconte l'histoire d'une petite fille juive cachée à la campagne par une famille protestante, pendant la guerre. Il fait l'éloge du film (autobiographique) de ses dialogues, de la façon dont est mise en scène la relation entre cette fillette et un petit garçon de son âge, des acteurs (adultes et enfants). Il pense que les maladresses du film sont sans importance et que le personnage de la fillette, vu par une femme, est beaucoup plus intéressant que celui de la fillette dans "Jeux interdits". Il apprécie aussi l'évocation du contexte (l'Occupation puis la Libération) qui fait appel à des choses vécues. Il rappelle comment lui-même dans son lycée il avait appris par un professeur que certains de ses camarades allaient porter une étoile jaune. Son propos est illustré par des extraits du film dont l'un montre un envoyé de la préfecture dans une salle de classe poussant les enfants à la délation. Truffaut dit ensuite quelques mots du film de Pialat "L'enfance nue", film unique sur un thème jamais traité (le placement d'enfants dans des familles d'accueil) qui n'a pas connu le succès à cause de son titre trop "militant". François Truffaut parle du film de Maurice Pialat "Nous ne vieillirons pas ensemble". Des extraits de la bande son (dialogues) sur des BT du film (Jean Yanne, Marlène Jobert), des extraits du film (disputes) la lecture off du scénario sur la page dactylographiée suivie de la scène correspondante et un extrait du tournage avec Marlène Jobert reprenant son texte, illustrent les propos de Truffaut qui estime que ce film est un évènement et un film d'amour inhabituel. Il parle ensuite du film de Jacques Rozier, "Du côté d'Orouët" qui s'apparente à la démarche de Pialat dans la recherche de la vérité quotidienne (on cuit les plats, on les mange), débouchant ainsi sur une sorte de folie et avoisinant le fantastique. Il précise que le réalisateur a choisi des acteurs jamais vus qui ont travaillé en semi improvisation. Extraits du film. (On reconnait Bernard Menez dans les extraits). Dans la dernière partie de l'émission, François Truffaut parle du cinéma américain et de son évolution. Il présente "The last picture show" de Peter Bogdanovitch, qui renouvelle le fonds hollywoodien tout en s'en inspirant (BT du film). Après 70 ans de "happy ending" obligatoire, tous les films américains finissent mal. Les réalisateurs ont aussi renoncé aux ellipses sur les scènes sexuelles et à 70 ans de mensonge par omission. Cette évolution est visible dans "Ce plaisir qu'on dit charnel" de Mike Nichols (BT du film). Toutefois Truffaut précise que les parents veulent toujours que leurs enfants voient un film comme "Autant en emporte le vent". Il constate que le goût du public, qui fait le succès des films est souvent imprévisible, comme dans le cas des "Bidasses en folie" ou de "French connection". Il rappelle que Clark Gable (Rhett Butler) et Sean Connery (James Bond) ont été choisis par le biais de sondages auprès des lectrices de magazines. Faudrait-il faire des sondages auprès du public avant de tourner un film ? L'émission se termine donc par un microtrottoir dans le métro, les cafés, la rue et devant une salle de cinéma à propos de "L'assassinat de Trotski" (de Losey), avec Richard Burton dans le rôle titre. Les personnes interrogées, pour certaines, ne savent pas qui est Trotski, ou ne reconnaissent pas Burton qu'on leur montre en photo ou encore pensent qu'il aurait mieux valu faire un film sur Lénine... François TRUFFAUT conclut en déclarant que l'évènement du mois, c'est le retour de Luis Bunuel en France pour tourner "Le charme discret de la bourgeoisie" et qu'il est le seul réalisateur de 72 ans que les producteurs supplient de tourner.

Émission

Vive le cinéma

Production

producteur ou co-producteur

Office national de radiodiffusion télévision française

Générique

réalisateur

André Labarthe

producteur

André Labarthe
Janine Bazin

commentateur

Jean Claude Dauphin

participant

Pierre Tchernia
Michel Serrault
François Truffaut
Jean Claude Brialy
René Goscinny

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