Conférence de presse François Mitterrand
Flash spécial

video 21 août 1990 2555 vues 44min 08s
Crise du Golfe : principaux extraits de la déclaration de François Mitterrand à l'issus du conseil des ministres restreint. "Le problème des ressortissants français a naturellement retenu notre attention. Il existe ce que l'on appelle une cellule de crise, qui se réunit régulièrement auprès du premier ministre, mais aussi une cellule qui suit ce problème particulier au Quai d'Orsay. Le bureau chargé de ce type de problèmes a reçu des instructions nouvelles et a été renforcé. Le personnel supplémentaire sera mis à la disposition ainsi que des moyens de communiquer constamment avec les Français qui le souhaiteraient, en particulier les familles de nos ressortissants. Cela permettra un échange continuel de jour et de nuit...""Les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité, quel que soit leur désaccord dans l'interprétation de telle ou telle décision, ont maintenu une certaine unité, ils ne se sont pas séparés et recherchent en commun des solutions qui permettraient de donner tout son sens à l'embargo...""Un embargo sans sanction serait un simulacre. Voilà pourquoi nous avons retenu une expression dans laquelle se trouve le mot "contrainte". Ces moyens de contrainte sont également connus de vous puisqu'ils vont de la reconnaissance d'un pavillon à la surveillance et à la possibilité d'aller sur le navire suspect ou objet de surveillance et, le cas échéant, d'arraisonner. Pour dépasser ce stade, il faut qu'il y ait des ordres du commandement militaire ou, s'il s'agit de tirer sur les navires, sur tel ou tel navire, cela ressort de la décision du président de la République, en tant que chef des armées. Aucun élément de ce processus n'est à écarter mais la question jusqu'ici n'a pas été posée. Simplement, nous prenons nos dispositions pour être en mesure d'appliquer les instructions données. Nous sommes allés dans cette région du monde pour exécuter les décisions des Nations unies. Il ne s'agit pas spécifiquement d'une décision française mais d'une décision des Nations unies à laquelle la France est étroitement associée puisqu'il s'agit de réagir contre une violation du droit international. Donc, la France assume pleinement sa responsabilité dans ce domaine. Notre politique est donc simple : bien entendu nous souhaitons que la diplomatie finisse par prévaloir, nous ne nous faisons pas d'illusion au point où nous en sommes, mais n'abandonnons pas cet espoir. Nous avons souhaité que les pays arabes fussent en mesure de régler leurs propres différends, or vous savez de quelle manière ces pays se sont divisés dans l'appréciation de l'évènement. Les plus importants d'entre eux se trouvent aujourd'hui dans des camps opposés. Cette situation montre que, depuis notre rencontre du 9 août, la situation a suivi son cours malheureusement logique et que les éléments souhaités qui eussent permis un dialogue ou une négociation ne se sont pas produits. Alors, il faut en tirer la conséquence et c'est ce que fait la France. Elle continue de porter ses espoirs dans les Nations unies car elle estime qu'à la violation du droit international doit répondre la définition du droit international...Quoi qu'il advienne, nous estimons avoir des devoirs, devoirs accrus par la situation créée à l'encontre de quelques centaines de nos ressortissants, étant entendu que nous sommes solidaires de tous les autres pays victimes du même fait accompli intolérable. Je ne sais quelles rumeurs ont couru disant que la France engageait une négociation séparée. Je démens cette rumeur de la façon la plus catégorique. Le sort de tous les ressortissants étrangers en Irak qui se trouvent victimes de cette intolérable action pose un cas humanitaire global qui ne permet pas des actions séparées.""Il a été décidé de répondre favorablement à des demandes d'envoi de matériel et d'escadrons de reconnaissance terrestres dans différents pays de la région, en particulier les Emirats arabes unis. Il a été décidé d'envoyer des instructeurs en Arabie saoudite. Les forces du Kowe.t, qui disposent d'avions français, des Mirage F-1 en particulier, continueront d'être entretenues par du matériel français, car ces avions ont pu échapper à la pénétration et à l'agression irakiennes. Ainsi la présence française continuera d'être assurée en fonction des demandes qui nous seront faites et de l'examen auquel nous procéderons nous mêmes. Nous sommes déjà entrés dans une phase d'exécution. Nous ne sommes animés par aucun sentiment d'agression, de l'amertume peut être : on serait en droit de penser que la défense du droit international aurait mérité de la part de l'Irak de considérations un peu plus sérieuses à l'égard d'un pays comme la France. Mais le droit a été bafoué, violé, il l'est de plus en plus et c'est cet engrenage que nous refusons. Nous sommes disposés à assurer nos responsabilités parce que nous pensons que c'est notre devoir. Pour donner à ces explications l'ampleur nécessaire, j'ai décidé de convoquer le Parlement en session extraordinaire pour le lundi 27 août. Le ministre des affaires étrangères fera un rapport, le premier ministre se fera entendre, chaque formation politique dira ce qu'elle a à dire et cela permettra déjà d'éclairer les représentants de la nation plus à fond et directement, ce qui ne sera pas exclusif d'autres dispositions à venir."

Émission

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Antenne 2

Générique

journaliste

Rachid Arhab
Gilles Leclerc
Albert Du Roy

participant

François Mitterrand

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