Georges Pompidou, la modernité dans la continuité

Georges Pompidou

« Il ne suffit pas d'être un grand homme, il faut l'être au bon moment » disait Georges Pompidou. Premier Ministre du Général de Gaulle de 1962 à 1968, président de la République française du 15 juin 1969 au 2 avril 1974, Georges Pompidou mena sa carrière politique en pleine période des Trente Glorieuses, impulsant la modernisation de la société française.

Les débuts

Fils d'enseignants, petit-fils de paysans, Georges Pompidou incarne le symbole d'une ascension sociale réussie. Né le 5 juillet 1911 à Montboudif, il fait ses études au lycée Louis-le-Grand avant d’être reçu à l’Ecole normale supérieure de Paris. Agrégé de lettres en 1934, il commence une carrière de professeur. Fidèle collaborateur du général de Gaulle dès la libération, Il participe à l'élaboration de la nouvelle constitution et aux plans de réformes économiques et financières lors du retour du général au pouvoir en 1958. De Gaulle le chargera de prendre avec le FLN les contacts qui aboutiront aux négociations d'Evian.

Un premier Ministre sur la durée

 Inconnu du grand public, Georges Pompidou est nommé à Matignon le 14 avril 1962 après le référendum approuvant les accords d’Evian, poste qu’il occupera sans interruption jusqu’au 10 juillet 1968.
 Ses gouvernements successifs mettent alors en oeuvre une forte politique d'industrialisation et d'aménagement du territoire, lancent la modernisation agricole, la construction de logements et d'établissements scolaires. Les années Pompidou seront marquées par un réel essor économique. La crise de mai 1968 vient cependant ébranler la République. Georges Pompidou la gére au quotidien, mise sur des mesures d'apaisement : son cabinet signe les accords de Grenelle avec les principales centrales syndicales le 27 mai. La crise sociale débouche alors sur une crise politique. Les relations entre Pompidou et de Gaulle se tendent : Maurice Couve de Murville devient le nouveau Premier Ministre le 21 juillet.

Faire de la France une puissance industrielle de premier rang

Le 27 avril 1969, après l’échec du référendum sur « le projet de loi relatif à la création de régions et à la rénovation du Sénat », le général de Gaulle démissionne.
Placé par ce dernier « en réserve de la République » depuis juillet 1968, Georges Pompidou entre en campagne : il est élu président de la république le 15 juin 1969 et nomme Jacques Chaban-Delmas premier Ministre. Ce dernier sera remplacé par Pierre Messmer en 1972.
« Chère vieille France... La bonne cuisine... Les Folies Bergère... Le gai Paris... La Haute couture, les bonnes exportations... Du Cognac, Du Champagne et même du Bordeaux et du Bourgogne.. : c'est terminé ! La France a commencé et largement entamé une révolution industrielle ! »
Georges Pompidou continue la modernisation économique et l'industrialisation du pays tout en menant une forte politique internationale. Le SMIC remplace le SMIG, le périphérique parisien est inauguré , le projet du futur TGV est lancé ainsi que le programme Ariane. Le nucléaire civil sera dynamisé après le premier choc pétrolier.
Souhaitant impulser une nouvelle dynamique à la construction européenne, il favorise l’élargissement de la CEE qui accueillera la Grande-Bretagne. La France va connaître sous sa présidence une période d'expansion, de modernisation et d'élévation du niveau de vie. Mais Georges Pompidou devra également faire face à des conflits sociaux comme l’affaire Lip en 1973.
Grand amateur d'art, passionné de littérature et de poésie, Pompidou annonce la création d'un centre d’art contemporain au cœur de Paris, sur le plateau Beaubourg : le centre Georges Pompidou ouvrira ses portes en 1977.
Le mandat de Pompidou, écourté par son décès le 2 avril 1974, s'achève sur la crise pétrolière de 1973, la fin la période des Trente Glorieuses annonciatrice d'importantes difficultés économiques et sociales.

Rédaction Ina le 01/07/2011 à 18:32.
Dernière mise à jour le 14/06/2019 à 17:55.
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