Audiard en 1970 : "Dans le 14ème personne nous emmerde"

Michel Audiard naissait il y a cent ans, à Paris. Et pas n'importe où à Paris, dans le 14e arrondissement. Un coin de la capitale que le scénariste des "Tontons flingueurs", grand amoureux de la gouaille populaire, nous fait visiter en 1970. Du lion de Belfort à la rue de la Gaîté en passant par le regretté palais du Bardo, tous les monuments et lieux symboliques du 14e arrondissement sont présentés par l'enfant du quartier, mi-sérieux mi-amusé.

La promenade débute en voiture. Passant place Denfert Rochereau et son célèbre lion de Belfort, qu'il décerne du titre de "chef d'oeuvre du quartier", il regrette que ce dernier ait été repeint : "Maintenant on l'a peint en marron, c'est encore plus à chier qu'avant". Très critique quant à la physionomie de son quartier et à sa mentalité, qu'il qualifie de "paysanne", il apprécie néanmoins d'être à l'écart des flots touristiques qui assaillent les autres quartiers de la capitale : "On dit toujours que les vénitiens sont malins par exemple, c'est pas vrai, c'est des cons parce qu' il ont fait la plus belle ville du monde, ils ont un million et demi de touristes par an, ils sont plus chez eux, ils ne peuvent pas vivre ces gens là, c'est pareil à Rome, c'est pareil à Tolède, c'est pareil partout. Dans le 14ème ont est chez nous, personne nous emmerde". Puis, se promenant dans les rues du quartier d'Alésia, Michel Audiard passe devant l'église Saint-Pierre de Montrouge : "Les touristes se sont rués sur le Sacré-Coeur, et là encore on a un coup de pot inimaginable car personne ne vient visiter notre église". 

Tout naturellement, la rue de la Gaîté, et ses théâtres, est l'un de ses endroits préférés, qu'il arpente depuis son adolescence. Le périple dans le 14e arrondissement se termine sur les hauteurs du parc Montsouris, devant le palais du Bardo, depuis détruit par un incendie en 1991 alors que la mairie de Paris avait entrepris des travaux de restauration : "C'est à la fois notre place Saint-Marc, notre chute du Niagara, nos pyramides, c'est la pièce artistique majeure du 14ème arrondissement. Ca été le fruit des amours du Bey de Tunis avec une shampouineuse de l'époque...je crois que maintenant ça sert à mesurer la vitesse du vent, ça ne sert pas à mesurer la connerie, c'est surprenant !"

Rédaction Ina le 13/05/2020 à 15:45.
Dernière mise à jour le 15/05/2020 à 11:04.
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