Apophis, l'astéroïde qui frôlera la Terre en 2029…

Un astéroïde de 300 m frôlera la Terre en 2029. Son petit nom "Apophis"... l'occasion de parler de ces voyageurs de l'espace qu'on appelle aussi des géocroiseurs, et notamment de ce rocher cosmique qui donna des sueurs froides aux astronomes du monde entier en 2004…

Avez-vous déjà entendu parler d'Apophis ? Oui, c'est bien un démon de la mythologie égyptienne qui personnifie le chaos et le mal mais ce nom cache une menace bien réelle, celle d'un énorme astéroïde qui va croiser la route de la Terre dans quelques années…

Un démon égyptien au coeur de fer...

Apophis (de son vrai patronyme : 2004 MN4) est un astéroïde géocroiseur de type sidérite. Il a été découvert le 19 juin 2004 par Roy Tucker, David Tholen et Fabrizio Bernardi de l'UHAS (University of Hawaii Asteroid Survey), depuis l'observatoire de Kitt Peak en Arizona. Et le caillou de l'espace a de quoi impressionner : il mesurerait environ 325 mètres de diamètre ! Il est constitué de fer et sa masse serait d'environ 40 à 50 millions de tonnes… Tout irait bien s'il ne suivait une orbite très proche de celle de notre belle planète bleue.

A l'époque de sa découverte, Apophis donne des cheveux blancs aux astronomes. En effet, le système de calcul automatique de la NASA (Sentry) calcule sa trajectoire prévisible et en déduit alors la possibilité d'un impact avec la Terre en 2029 ! Seule solution envisagée alors, dévier la course de l'astéroïde. Les spécialistes de la planète entière tente d'élaborer des scénarios plausibles. C'est en décembre 2005 que l'information parvient au grand public.

Dans ce reportage du JT du 20 décembre 2005, Jean-Eudes Arlot, astronome de l'Observatoire de Paris, imagine une technique pour le moins originale : "On peindrait l'astéroïde en blanc… et l'astéroïde réagirait différemment aux vents solaires et aurait un léger déplacement. Au bout de trente ans, il aurait une trajectoire déplacée de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres et ça serait suffisant pour nous sauver."

En plateau, Nicolas Chateauneuf complète le panorama des techniques envisagées : "Vaisseau tractant l'astéroïde grâce à des câbles, sonde déviant sa course par sa seule présence, moteur ionique posé à sa surface… finalement la seule mauvaise idée c'est d'envoyer un missile nucléaire pour le faire exploser car on se retrouverait avec plusieurs morceaux tout aussi dangereux."

En 2007, la NASA annonce qu'Apophis pourrait finalement nous heurter, non pas en 2029, plutôt à son retour dans notre périphérie le 13 avril 2036. Une animation de la NASA montre ce qui se passerait sur notre planète en cas d'impact…

La menace n'est donc pas écartée, il y a une chance sur 45 000 pour que cela arrive. C'est suffisamment inquiétant pour qu'un groupe de scientifiques alerte l'opinion internationale et demande à l'ONU de lancer une mission de réflexion pour dévier les astéroïdes dangereux. Aux Etats-Unis, le Congrès mandate la NASA pour renforcer la surveillance du ciel. David Morrison, de la NASA confirme que ce n'est plus une question de probabilité et Donald Yeomans de Jet Propulsion Laboratory explique qu'"un petit vaisseau pourrait percuter l'astéroïde et modifier sa course. Si ça ne suffit pas, on recommence. Il suffit de ralentir l'astéroïde de quelques millimètres par seconde et au bout de dix ou douze ans, il aurait suffisamment ralenti pour éviter la Terre."

Les hypothèses se multiplient mais pour l'instant, contrairement au film Armageddon où Bruce Willis sauve la planète en posant une charge explosive au coeur d'un astéroïde... la partie n'est pas gagnée ! En 2013, dans la nuit du 9 au 10 janvier, Apophis passe près de la Terre, à 14,5 millions de kilomètres (une quarantaine de fois la distance Terre-Lune) et tous les télescopes se pointent sur lui. De nouvelles mesures sont effectuées, ce qui permet de corriger son diamètre qui gagne 20 % de sa valeur d'origine, sa masse ou son volume qui gagne 75 %.

Quoi qu'il en soit, Apophis repassera très près de chez nous le 13 avril 2036. Cependant, grâce à de nouvelles observations, il semble aujourd'hui qu'il ne passera "qu'à" 32 000 km environ de la Terre, soit un peu moins que l'altitude des satellites géostationnaires. De quoi faire frissonner les Terriens… comme le suggérait François Colas, astronome à l'observatoire de Paris, dans l'émission de France Inter, Osmose, présentée par Fabienne Chauvière le 11 juin 2012. On sait à l'époque qu'il ne percutera pas la Terre en 2029 mais qu'il "passera à 20 000 kilomètres de la Terre, ce qui sera vraiment très, très près. On va voir un petit point dans le ciel qui avance très vite. Ça va être étonnant, car on n'a pas l'habitude de voir des choses qui bougent…" Il explique ensuite pourquoi, en 2004, on avait pensé qu'il représentait un danger. Il y avait beaucoup d'incertitudes sur son orbite.  (Audio)

Et s'il nous évite gentiment cette fois-là, il y a d'autres risques de collisions prévus pour 2068, 2085 ou 2088… mais pas de panique, leur probabilité reste infime.  

Pour aller plus loin

Risque de collision de l'astéroïde Apophis avec la Terre en 2068. Patrick Michel, astronome à l'observatoire de la Côte d'Azur explique qu'une mission devrait être envoyée pour étudier Apophis lorsqu'il passera près de la Terre en 2029. "on aimerait savoir comment il est à l'intérieur, si c'est une monolithe ou un agrégat de roches." Jean-Yves Prado du CNES explique que la technique employée pour le dévier dépendra du temps dont on dispose. "Si c'est une question de mois, seule l'option nucléaire peut être efficace. Si on dispose de quelques années, on peut envisager des chocs, des impulsions à grande vitesse par un objet qui vont communiquer des petites modifications de la trajectoire qui au fil du temps vont permettre d'éviter l'impact." Il reste aussi la solution du "petit compagnon, une petit vaisseau spatial qui cheminant à ses côtés l'amènerait, par effet gravitationnel,à changer de route loin de nous" (Journal de 8h00 de France Inter, audio, 15 avril 2012) 

Heureux qui communique- les sciences : Le mystère de Toungouska - n°38 Le 30 juin 1908, la plus grosse exposition connue sous l'ère humaine s'est produite à Toungouska, en Sibérie. Aujourd'hui encore, de nombreuses interrogations subsistent à propos de cette catastrophe. Des images d'archives, des cartes et des animations permettent de visualiser les différentes informations et hypothèses sur cet événement.  (19-20 Lorraine, 19 septembre 2009) 

Les cinq dernières minutes : Jean Pierre Luminet. Elise Lucet reçoit l'astrophysicien Jean Pierre Luminet à l'occasion de la parution de son livre Astéroïdes : la Terre en danger paru aux Editions du Cherche Midi. Il commence par définir ce que sont les astéroïdes et géocroiseurs. Il dit qu'ils sont probablement responsables de l'extinction des dinosaures. Il en donne la composition et ce qu'il faudrait faire s'ils sont un danger pour la terre, pour éviter la collision.  (13 heures, 19 nov. 2012) 

Toungouska (Article)

Pourquoi une journée mondiale des astéroïdes ? C'est le 6 décembre 2016 que l'Assemblée générale des Nations Unies a déclaré le 30 juin Journée internationale des astéroïdes "afin de commémorer chaque année, au niveau international, l'anniversaire de l'explosion de Toungouska (Sibérie, Fédération de Russie) survenue le 30 juin 1908 et de sensibiliser la population aux risques d'impact d'astéroïdes". Cette Journée doit également permettre d'informer le grand public des mesures qui seraient prises pour assurer la communication de crise au niveau mondial en cas de risques crédibles liés aux objets géocroiseurs.

Et des risques, même s'ils sont minimes, il y en a ! La menace est à prendre très au sérieux puisqu'il y a 65 millions d'années, une telle collision a provoqué la disparition de 99% de la vie sur Terre, dont celle des fameux dinosaures qui dominaient alors l'écosystème terrien...

Florence Dartois

Rédaction Ina le 20/06/2019 à 18:11.
Dernière mise à jour le 23/08/2019 à 10:56.
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