28 juin 1919, la signature du traité de Versailles

Le 28 juin 1919 a lieu la signature du traité de Versailles. Après six mois de travaux préparatoires, les Alliés ambitionnent d'instaurer une paix pérenne en Europe, basée sur la disparition des empires centraux et la reconnaissance des aspirations nationales de nombreux peuples. Mais en affaiblissant considérablement l’Allemagne, le traité sera aussi accusé d'avoir porté les germes de la Seconde guerre mondiale.

C’est dans le cadre solennel de la Galerie des Glaces du château de Versailles que les Alliés font signer à l’Allemagne vaincue le traité de paix. Le lieu n’a pas été choisi au hasard. Pour la France, c’est une façon de lever l'affront fait par l'Allemagne, quelque 48 ans plus tôt. En 1871, le IIe Reich y avait été proclamé suite à la défaite de Napoléon III lors de la guerre franco-prussienne de 1870.

En 1919, l’Europe sort exsangue de la Première guerre mondiale. Le continent est à bout de souffle, et certains pays, comme la France, sont en partie dévastés.
Les Alliés ont pris l'avantage dans le domaine militaire sur les derniers mois seulement de l'année 1918. Jusqu'au début de l'été 1918, la victoire semblait encore promise à l'Allemagne. Aussi, quand l'armée allemande rentre au pays après l'armistice de novembre 1918, beaucoup ne comprennent pas encore que la défaite est totale.

Pour bien marquer leur victoire, les Alliés n'invitent pas la délégation allemande aux pourparlers de paix qui débutent le 18 janvier à Paris et Versailles. Les Allemands ne seront invités que quelque mois plus tard, pour la seule signature d'un traité qui sera ressenti comme une humiliation.

Moralement, l’Allemagne est jugée responsable du déclenchement du conflit. Le territoire allemand sera amputé d'une « superficie équivalent à l'Ile-de-France », et le pays devra s’acquitter d’une somme très importante au titre des réparations de guerre. De plus, son armée sera considérablement réduite et limitée, et la Rhénanie, proche de la France, sera occupée par les Alliés.

Les Alliés qui décident du sort de l’Europe à Versailles, ce sont principalement les Américains, les Anglais et les Français. Mais entre eux, les dissensions sont nombreuses.

Wilson, Président des Etats-Unis, le « premier chef d’état américain en exercice à se rendre en Europe », est partisan d'une paix plus conciliante, basée sur les principes du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Lloyd George, Premier ministre britannique, fidèle aux conceptions traditionnelles de la diplomatie anglaise, souhaite rétablir l'équilibre des puissances sur le Vieux continent, et tâche donc de ne pas trop renforcer la France aux dépens de l’Allemagne.

George Clemenceau, Président du Conseil français, veut quant à lui s'assurer de l'affaiblissement définitif de l'Allemagne. S'il se montre sans aucun doute le plus dur des trois Grands vis-à-vis de l'Allemagne, il adopte en fait une politique médiane par rapport aux velléités françaises. D'autres responsables français, comme le maréchal Foch, souhaitent en effet faire payer encore plus cher sa défaite à l'Allemagne, en annexant ou poussant à l'autonomie de la Rhénanie. Une position extrême que Clemenceau, devant le refus catégorique de Wilson et Lloyd George, comprend qu’il ne peut soutenir.

L’Italie, autre grande nation victorieuse, est représentée par le Premier ministre Vittorio Emanuele Orlando, qui, n’arrivant pas à concilier les idées de Widrow Wilson avec celles de son ministre des affaires étrangères, Sidney Sonino, un irrédentiste qui réclame Fiume et la Dalmatie, quitte la conférence sans arriver à en marquer le cours.

Versailles réunit des dizaines d'autres délégations nationales : Portugais, Tchèques, Polonais, Japonais... 

Après 1646 réunions, les diplomates redessinent la carte d’une nouvelle Europe, orpheline des empires allemand et austro-hongrois. A leur place, de nouveaux pays font leur apparition sur la carte, comme la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie, ou ressuscitent, comme la Hongrie et la Pologne…

En définitive, le traité de Versailles de même que les autres traités qui suivront, réglant la défaite des partenaires de l'Allemagne (Traités de Saint-Germain avec l'Autriche, de Trianon avec la Hongrie, de Sèvres avec l'Empire ottoman et de Neuilly avec la Bulgarie), sera « une tentative réelle et sincère » de régler définitivement les problèmes internationaux de l'Europe et d'éviter le retour d'une guerre qui a traumatisé le Vieux contient et que tous, politiques comme populations, espèrent avoir été la dernière.

Mais en refusant d'associer l'Allemagne et l'ensemble des vaincus aux discussions de paix, en rejetant sur l'Allemagne seule, à tort, l'unique responsabilité du déclenchement de la Première guerre mondiale, les Alliés prépareront aussi, bien malgré eux, le chemin vers une déflagration future de l'Europe.

Cyrille Beyer

Rédaction Ina le 17/01/2019 à 17:30.
Dernière mise à jour le 17/07/2019 à 11:04.
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