1996, Richard Jewell, le suspect trop parfait de l'attentat d'Atlanta

Le cas Richard Jewell, le nouveau film de Clint Eastwood raconte l'histoire d'un homme accusé à tort d'être l'auteur de l'attentat des J.O. d'Atlanta en 1996. Un scénario tiré d'une histoire vraie. Retour en 1996 pour découvrir le portrait de celui que tous suspectaient alors de terrorisme.

Le 27 juillet 1996, pendant les Jeux olympiques d'Atlanta, Richard Jewell simple agent de sécurité découvre un sac abandonné dans le parc du centenaire où a lieu un concert. Il le signale car il suspecte une bombe. Intuition qui s'avérera juste lorsque la bombe explosera quelques instants plus tard. Heureusement, grâce à son intervention, un carnage est évité. (2 morts, 218 blessés)

Pourtant, malgré son courage, le destin de cet homme, qui se rêve en héros national, va basculer en quelques jours. Très vite, à 33 ans, il passe du statut de héros à celui de suspect potentiel d'un attentat. Ce sujet diffusé dans le JT de France 2 de 13h00, le 1er août 1996, nous dresse son portrait, alors que le FBI vient de perquisitionner chez lui en quête d'indices prouvant sa culpabilité.

Richard Jewell menait jusqu'alors une vie simple et dévouée à sa ville, "un coin tranquille avec son lot de petites affaires". Il avait été adjoint au sheriff de Piedmont pendant cinq ans. "Ses collègues se souviennent de lui comme un type compétent, nous disent-ils. Ses chefs, eux, sont un peu moins charitables. Ils vont nous distribuer son dossier personnel. On y apprend qu'en 1995, il a embouti deux voitures de patrouille toutes neuves. Alors on va lui retirer son poste. Sa nouvelle affectation : surveillant de prison. C'est un affront, il démissionne".

Robb Kiker, son chef, déclare : "compte-tenu de ce qui s'est passé avec les véhicules de patrouille, on a fait en sorte qu'il ne puisse plus toucher aux voitures."

Dans le bourg de 30 000 âmes, "il a laissé le souvenir d'un homme discret et plutôt fier de son uniforme". Le reporter interroge Marjorie Cash, la gérante du restaurant où il avait l'habitude de venir déjeuner, souvent seul, elle confirme : "Il venait souvent ici, je pense qu'il aimait bien mes petits plats."

Après avoir quitté la prison, il s'est fait engager dans un collège privé, le Piedmont collège, "douze mois à mi-temps comme agent de sécurité mais il partira aussi. On nous explique qu'il en faisait trop, jusqu'à stopper les voitures qui circulaient devant l'école. Il rendait la vie impossible à tout l'établissement".

Pour conclure, Thierry Curtet explique que c'est le directeur du collège qui a appelé le FBI pour l'informer qu'il fallait se méfier de lui : "On s'oriente donc vers le portrait d'un affabulateur en quête de reconnaissance."

Trois mois plus tard, coup de théâtre ! Le FBI blanchit totalement Richard Jewell. Après que sa vie ait été étalée au grand jour par une cinquantaine de médias et ses anciens collègues, il est mis hors de cause. Une simple lettre de quelques lignes mettra fin à son cauchemar.

"L'heure de la réhabilitation a sonné. L'heure des comptes aussi", conclut le journaliste.

Pour aller plus loin

Avant-première américaine du film de Clint Eastwood (images AFP, 21 novembre 2019) 

Rédaction Ina le 19/02/2020 à 17:42.
Dernière mise à jour le 19/02/2020 à 17:56.
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