1985, Roselyne Bachelot contre la vitamine C en grande surface

Le gouvernement et les professionnels de santé se réunissent ce lundi 15 avril 2019 pour réfléchir à l'assouplissement du monopole des pharmacies. Un vieux débat. Saviez-vous qu'en 1985, Roselyne Bachelot, pharmacienne à Angers, s'opposait à la vente de vitamine C en grande surface ?

Le 4 avril 2019, l'Autorité de la concurrence a recommandé d'élargir la vente de médicaments sans ordonnance aux parapharmacies et à la grande distribution et d'ouvrir le capital des pharmacies. Une proposition contestée par les pharmaciens. Une opposition qui s'était déjà manifestée, au début des années 80, sur la question de la parapharmacie qui aurait pourtant pu paraître moins épineuse que celle de la vente de médicaments. Mais les pharmaciens s'étaient alors ligués contre la volonté des grandes surfaces de développer les parapharmacies.

"Il est bien évidement que dans ce domaine de la vitamine C, la grande distribution essaye un coup de force sur le monde de la pharmacie..."

En 1985, une pharmacienne à Angers devient la porte-parole de la grogne des pharmaciens. Son nom… Roselyne Bachelot, qui deviendra plus tard ministre de la Santé, de la jeunesse et des sports. Pour l'heure, c'est sur ce sujet qu'elle fait sa première apparition télévisée, dans le JT Le Mans soir, le 25 juin 1985. Son credo : pas de vitamine C hors des officines. Elle n'était pas encore entrée en politique mais utilisait déjà fort bien la rhétorique politique.

"Pour un pharmacien il est évident que la vitamine C est un médicament puisque actuellement, l'apport alimentaire de la vitamine C est largement réalisé dans une alimentation normale et variée, telle qu'elle est réalisée en France. Donc, on ne peut avoir d'intérêt à prendre une vitamine c, dosée à 800 mg, que dans un but thérapeutique. Ça n'a aucun intérêt nutritionnel ! Il est bien évidement que dans ce domaine de la vitamine C, la grande distribution essaye un coup de force sur le monde de la pharmacie. Et on peut tout à fait s'attendre à ce que d'autres produits soient commercialisés dans les supermarchés.

Si aujourd'hui acheter de la vitamine C ou des compléments alimentaires dans les supermarchés nous semble un geste anodin, à l'époque, cette volonté de la grande distribution était très mal perçue par les pharmaciens car l'enjeu économique était de taille puisque la parapharmacie représentait alors en moyenne 50% des bénéfices réalisés par les pharmaciens.

Florence Dartois

Rédaction Ina le 12/04/2019 à 11:15.
Dernière mise à jour le 12/04/2019 à 11:24.
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