1976, sur le tournage du film "Le corps de mon ennemi"

France 5 diffuse ce lundi le film à suspense d'Henri Verneuil. Sorti en octobre 1976, quelques mois plus tôt Nord-Actualités télé conviait les téléspectateurs à assister au tournage de quelques scènes d'action filmées dans les rues de Lille.

Le 29 juin 1976, l'équipe du film inspiré du roman éponyme écrit par Félicien Marceau, est dans la capitale du Nord. L'occasion de retrouver sur place le rôle-titre, Jean-Paul Belmondo et son réalisateur.

L'histoire en quelques mots

L'intrigue du film est entièrement racontée en flashback, ainsi ce n'est qu'à la fin du récit que le spectateur comprendra les rouages de l'intrigue et le degré de culpabilité des protagonistes de l'histoire. Après avoir purgé une peine de sept années de réclusion pour un double meurtre qu'il n'a pas commis, François Leclercq (Jean-Paul Belmondo,) revient dans sa ville en région lilloise. Jean-Paul Belmondo dévoile quelques détails sur son personnage, "qui a été victime d'une injustice, qui a été en prison pour un crime qu'il n'a pas fait et revient dans la ville pour d'abord trouver qui a fait le crime et qui l'a envoyé en prison".

Le journaliste précise, "la ville dans laquelle Jean-Paul Belmondo vient retrouver son passé, c'est Lille. Le film, adapté par Michel Audiard d'un roman de Félicien Marceau, a pour titre Le corps de mon ennemi. Il est signé Henri Verneuil et sortira au milieu du mois d'octobre. Les extérieurs ont été tournés au mois de mai à Lille, Roubaix et Tourcoing. Outre Jean-Paul Belmondo, Marie-France Pisier, Daniel Ivernel et Bernard Blier font partie de la distribution dans une oeuvre qui n'est peut-être pas dans la tradition des films réalisés par Henri Verneuil. De l'action, il y en aura, certes, mais moins que d'habitude".

C'est en effet ce que déclare le réalisateur entre deux scènes, "ce n'est pas un film d'action, mais vous savez, les films Henri Verneuil, il y en a eu avec action et il y en a eu sans action. Un singe en hiver, avec le même Belmondo, était un film sans action, Le casse et Le clan des Siciliens ou Peur sur la ville était un film avec l'action, celui-là. Nous avons toujours le support, qui est un suspense pendant tout le film, mais on ne tire pas de coups de revolver, il faut de temps en temps laisser reposer les armes".

Nous retrouvons le journaliste aux côté de l'acteur, "il y a assez longtemps qu'on a vu Jean-Paul Belmondo dans un film psychologique. C'est plutôt les films d'action en ce moment pour vous" ?

"Oui, oui, j'aime bien l'action mais là, j'en ai fait un petit peu trop, disons, je ne veux pas me faire cataloguer que dans l'action. Je reviens un petit peu à des films que je faisais au début de ma carrière".

Le reporter lui demande, "C'est un choix. Ou bien il se trouve qu'Henri Verneuil vous a proposé actuellement ce scénario"?

"On ne se réveille pas le matin en se disant : je vais arrêter ça. Et Verneuil est venu un jour avec le livre de Marceau, m'a dit de le lire et m'a dit : si ça te plaît, on fait le film. Le livre m'a plu et disons, là j'ai été tenté par l'aventure. Je ne crois pas qu'on puisse se dire vous savez dans une carrière : maintenant, je veux faire que cela, que s'il le faut. Moi j'aime bien laisser venir les choses et avoir l'envie. Et souvent, on me dit des fois que je ne tourne pas avec des jeunes metteurs en scène mais si on m'amenait une chose qui me plaît beaucoup, je tournerais".

Le journaliste souligne qu'il est néanmoins "prisonnier de l'image que se font certains metteurs en scène" de lui.

L'acteur confirme ce constat, "c'est sûr, on est toujours un peu victime d'une image et sans doute aussi souvent que des jeunes se disent : bon Belmondo, il n'acceptera pas. Parce qu'il y a toujours une légende autour d'une vedette, disons et c'est faux, je crois que je suis ouvert à tout, le plus possible".

Le journaliste l'interroge ensuite sur sa relation privilégiée avec Henri Verneuil, c'est son septième film avec lui.

"Je l'aime beaucoup pour plusieurs raisons, d'abord parce que je m'entends très bien avec lui. Après, j'ai toujours fait des très bons films avec lui. J'en ai fait six. Les six ont été bien. J'espère que ce septième sera bien et c'est un cinéaste que j'aime beaucoup, qui connaît très, très bien son métier. Il a une technique parfaite. Ce n'est pas un amateur, il part toujours sur des bases très, très solides. J'aime bien ça. Pour un acteur, c'est un repos".

Le commentaire évoque la dernière question posée à Jean-Paul Belmondo. "Son nom est arrivé au sommet de la hiérarchie cinématographique. Il est une vedette à part entière. Y a t-il alors des raisons particulières pour motiver son absence remarquée à la télévision"?

"C'est un choix délibéré. Je fais du cinéma, il n'y a aucune raison que j'aille à la télévision pour rien. Et je pense d'autre part que la télévision, je n'en ai fait que dans des interviews et, pas trop d'interviews non plus, parce que ce n'est pas bon qu'on vous voit tout le temps à la télévision. On a beau dire, il n'y a pas de guerre entre la télévision et le cinéma, elle existe quand même, c'est un peu forcé, c'est deux arts concurrents". 

Pour aller plus loin

Allons au cinéma : Marie-France Pisier est interviewée à propos de sa participation au dernier film d'Henri Verneuil intitulé "Le corps de mon ennemi" (22 octobre 1976) 

Allons au cinéma : Henri Verneuil à propos de son dernier film. (22 octobre 1976)

Allons au cinéma : Michel Audiard évoque l'adaptation du roman de Félicien Marceau et l'écriture relativement sobre du rôle de Belmondo (22 octobre 1976)

Michel Drucker reçoit l'équipe du film dans Les rendez-vous du dimanche à l'occasion de sa sortie (10 octobre 1976). Extrait 1 , Extrait 2

Et extrait 3, interview de Jean-Paul Belmondo sur la manière dont il mène sa carrière, les risques pris.

Rédaction Ina le 09/09/2020 à 15:13.
Dernière mise à jour le 11/09/2020 à 11:53.
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