1975, un détenu témoigne du manque d'intimité des parloirs

Le tribunal administratif de Toulouse a donné gain de cause à cinq détenus qui dénonçaient les cloisons en plexiglas installées dans les parloirs avec la crise sanitaire. En 1975, les prisonniers dénonçaient déjà les difficultés de communication avec les visiteurs.

Depuis la crise de la Covid-19, les parloirs des prisons ont été munis de cloisons en plexiglas totalement hermétiques empêchant tout contact physique. Des mesures sanitaires qui pèsent sur le quotidien des détenus. Cinq détenus de la maison d'arrêt de Seysses (Haute-Garonne), qui dénonçaient les cloisons en plexiglas totalement hermétiques, ont obtenu gain de cause devant le tribunal administratif de Toulouse la semaine dernière. Dans les années 80, la mise en place de parloirs libres a permis de favoriser les relations des prisonniers avec leurs proches mais avant cela, ils dénonçaient déjà les difficultés de communication et réclamaient de nouveaux parloirs plus ouverts.

Le 4 avril 1975, dans le magazine Aujourd'hui madame, un détenu témoignait à visage caché de la difficulté de voir sa famille à travers une vitre et ne pas pouvoir les embrasser : "On n'entend pas et on peut voir notre famille pas trop longtemps, et à travers une glace, puis il faut crier très fort pour être entendu."

la crise sanitaire a donc contraint les établissements pénitentiaires à revoir l'organisation des parloirs, en suspendant jusqu'à nouvel ordre les Unités de vie familiale (UVF), ces appartements situés dans les prisons et dans lesquels les familles pouvaient se retrouver.

La justice administrative a donc ordonné au gouvernement de garantir aux détenus de la prison de Seysses des parloirs permettant d'entendre correctement leurs proches lors des visites. Cette décision "pourrait être la première d'une longue série", s'est réjoui l'Observatoire international des prison (OIP).

Pour aller plus loin

Le droit de visite en prison : les parloirs. (21 février 1963)

Féminin Présent : Témoignage sur les visites aux détenus. Devant la maison d'arrêt de Bois-d'Arcy, où son fils a été incarcéré, Marcelle raconte les difficultés des familles qui viennent voir des détenus, le temps de visite réduit, l'attente interminable et le manque de considération. (9 mars 1982)

Féminin Présent : Devant la maison d'arrêt de Bois-d'Arcy, une femme de détenu exprime le manque de considération des familles. Elle raconte les difficultés matérielles pour venir voir son mari mais aussi dans son quotidien. (9 mars 1982)

Actualités régionales Île-de-France : les parloirs de Fleury-Mérogis et Fresnes. Reportage dans la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis et le centre pénitentiaire de Fresnes. Commentaire sur des images des parloirs. (17 janvier 1983)

Florence Dartois 

Rédaction Ina le 23/02/2021 à 14:17.
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