1995

LA SNCF
Polémiques

video 03 déc. 1995 1586 vues 47min 51s
Alors que la paralysie des chemins de fer est totale ce week-end et depuis près d'une semaine, MICHELE COTTA a réunis, autour de la table de"Polémiques", les acteurs du conflit : - le président de la SNCF, JEAN BERGOUGNOUX, - le secrétaire général des cheminots CGT, BERNARD THIBAUT, - le secrétaire général des cheminots CFDT, BRUNO DALBERTO, - le secrétaire général de la Confédération des cadres CGC de la SNCF, JACQUES BROQUIN, - le vice-président de la Fédération nationale des usagers de transport, la FNAUT, JEAN MACHERAS, - ainsi que CHRISTIAN STOFFAES, économiste, qui a rédigé un rapport sur la SNCF, - sans oublier des politiques : MICHEL GIRAUD, RPR, ancien ministre du Travail, PIERRE MOSCOVICI, secrétaire national du PS, et ALAIN MADELIN, ancien ministre de l'Economie et des finances. - Tous ensemble ils débattent des deux problèmes qui fondent la revendication à la SNCF aujourd'hui : le contrat de plan et la réforme du système de retraite.M COTTA rappelle que le gouvernement a accepté de prendre en charge, en 1996, 37 milliards sur les 175 milliards de déficit de la SNCF. - B DALBERTO juge ces 37 milliards notoirement insuffisant par rapport aux charges financières que produit cette dette, près de 14 milliards de francs. - B THIBAUT est d'accord avec lui et cite un exemple : le fait que l'Etat, actionnaire unique de la SNCF, n'ait pas participé à la construction du TGV nord a induit un coût total plus élevé (26 milliards au lieu de 18 milliards car il a fallu emprunter de l'argent auprès des banques). Il évoque aussi les 6000 kilomètres de lignes menacées, la réduction des effectifs, l'augmentation des tarifs voyageurs, etc. - J BERGOUGNOUX considère au contraire que les 37 milliards représentent un gros effort de l'Etat et qu'il est normal qu'une entreprise qui a développé l'infrastructure conserve une partie de dettes. - B THIBAUT fait remarquer que cette dette correspond aux investissements commandés par l'Etat à la SNCF, investissements pour lesquels l'Etat n'a pas mis un sou. "Ce phénomène a généré pour l'entreprise une charge financière de 112 milliards de francs". - J BROQUIN explique les raisons pour lesquelles la CGC a levé le mouvement grève. Lui aussi évoque le déficit structurel dû aux charges d'infrastructure qui n'est pas réglé. - B THIBAUT craint pour le statut des cheminots (rémunération, déroulement de carrière, réglementation du travail). - J BERGOUGNOUX insiste sur le devoir de faire une politique de reconquête commerciale. Il pense que l'on peut faire mieux avec un peu d'organisation et un peu d'efficacité, notant au passage qu'un agent de conduite payé pour faire 7h30 ne conduit en réalité que pendant 3 heures. - B DALBERTO note qu'on demande aux cheminots de travailler plus avec beaucoup moins de moyens. - J BERGOUGNOUX pense que l'entreprise va être maître de sa stratégie et de son destin grâce au contrat de plan. Il promet qu'il va y avoir de la concertation sur le plan stratégique d'entreprise. - B THIBAUT explique que le public et les usages vont payer le désengagement de l'Etat vis-à-vis de la SNCF. Il revient sur les 6000 kilomètres de lignes qui sont menacées. - J MACHERAS est favorable au service minimum et demande aux syndicalistes d'arrêter leur position intransigeante. Il réclame un service aux heures de pointe. - B THIBAUT affirme que les cheminots réclame depuis deux ans un débat public sur l'avenir de la SNCF mais qu'ils n'ont pas été entendu. - C STOFFAES pense que la SNCF va à la faillite si de profondes réformes de structure ne sont pas faites. Il estime que le contrat de plan a commencé à poser quelques bonnes questions : réduction de l'endettement, réformes de structure contre un allègement de la dette, responsabilité des collectivités régionales. - J MACHERAS n'est pas d'accord avec les chiffres cités par C STOFFAES et accuse ce dernier de mélanger un certain nombre de choses. Il évoque l'exemple allemand : l'Eat a remboursé intégralement la dette de la SNCF qui était de 245 milliards. - J BERGOUGNOUX pense que la meilleure façon de défendre le régime de retraite des cheminots c'est de jouer la transparence. - B THIBAUT indique qu'il n'ira pas à la commission Le Vert qui "a pour but de revenir sur les dispositions actuelles pour trouver de nouvelles dispositions plus néfastes pour les cheminots". - M GIRAUD rappelle que la démocratie passe par négociation, c'est-à-dire l'écoute réciproque et complète. - P MOSCOVICI pense que le gouvernement fait à la fois une erreur de méthode et une erreur de fond surtout : "On est en train de brutaliser la Société, que ce soient les cheminots ou les usagers. Moi, je crois que cette tentative de pourrissement va échouer... Ce n'est pas comme ça qu'on résoud un problème. Il faut absolument dialoguer. Il y a des réformes à faire mais pas comme cela".A MADELIN estime qu'il y a des "vérités incontournables" : "La SNCF, comme d'ailleurs la Sécurité sociale, comme d'ailleurs d'autres services publics, va à la faillite". L'Etat, donc le contribuable, doit faire un effort, mais il faut aussi que cet effort soit partagé à l'intérieur de l'entreprise. - M GIRAUD insiste sur le fait qu'il faut négocier et trouver des moyens de dépannage pour éviter l'asphixie de l'économie. - J BERGOUGNOUX explique que le contrat de plan n'est pas une réforme de structure fondamentale de la SNCF mais une réforme de comportement. - J-M COLOMBANI demande aux invités leurs conditions pour sortir de la crise. La fin du débat est confuse et hachée, chacun martelant une fois de plus ses arguments.

Émission

Polémiques

Production

producteur ou co-producteur

France 2

Générique

journaliste

Michèle Cotta
Jean Marie Colombani

participant

Michel Giraud
Bernard Thibault
Alain Madelin
Jean Bergougnoux
Bruno Dalberto
Jacques Broquin
Jean Macheras
Christian Stoffaes
Pierre Moscovici

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