Aller au contenu principal
Laurence Badie : «Ma voix, mon nez en trompette, mon physique… c’est sûr que j’ai quelque chose pour faire rire»

Laurence Badie : «Ma voix, mon nez en trompette, mon physique… c’est sûr que j’ai quelque chose pour faire rire»

Théâtre classique ou de boulevard, cinéma, télévision, doublage de dessins animés, jeux télévisés… L'actrice Laurence Badie, morte le 11 janvier 2024 à 96 ans, avait le don de faire rire avec ce timbre aigu si singulier. Une carrière dédiée au rire qu'elle survolait en compagnie d'André Halimi en 1989.

Par Florence Dartois - Publié le 11.01.2024 - Mis à jour le 12.01.2024
Interview Laurence Badie au Plaza Athénée - 1989 - 14:45 - vidéo
 

L'ACTU.

La comédienne Laurence Badie, visage et voix familières du grand et du petit écran, est morte à l'âge de 96 ans. La comédienne était célèbre pour ses nombreux rôles au théâtre de boulevard, au cinéma, et à la télévision, mais aussi ses doublages dans des séries animées.

De son nom complet, Laurence Dolores Badie-Lopes est née le 15 juin 1928 à Boulogne-Billancourt, près de Paris. Elle débute très jeune le théâtre. Elle a joué le répertoire classique à Avignon du Malade imaginaire à L'école des femmes, en passant par Le Songe d'une nuit d'été sous la direction de Jean Vilar, emblématique directeur du TNP, où elle restera dix ans. C'est sur les conseils de Georges Wilson qu'elle se lance ensuite dans le théâtre de boulevard. Son physique sympathique, son nez retroussé, sa voix gouailleuse vont en faire l'une des comédiennes les plus appréciées du public.

On lui confie surtout des rôles de soubrette. « Comme les gens manquent d'imagination, dès qu'il fallait jouer une petite bonne, j'étais engagée. J'en ai joué beaucoup », expliquait-elle. En 1952, elle débute au cinéma dans La Vie d'un honnête homme de Sacha Guitry, et Jeux interdits de René Clément et jouera dans presque tous les films de Claude Autant-Lara.

Laurence Badie était aussi connue du grand public pour ses nombreux rôles à la télévision et ses participations dans des jeux télévisés. Le jeune public l'a découverte plus tard dans son doublage du personnage de Véra dans le dessin animé Scooby-Doo, mais elle a aussi prêté sa voix si reconnaissable au fantôme Casper, dans Casper et ses amis.

L'ARCHIVE.

« Ma voix, mon nez en trompette, mon physique… c’est sûr que j’ai quelque chose pour faire rire ». En juillet 1989, la comédienne revenait sur son parcours avec le réalisateur André Halimi. Lors de cet entretien enregistré dans les salons du Plaza Athénée, la comédienne évoquait sa vocation comique, l'art de faire rire, le rire de situation. Elle abordait aussi son physique qui avait servi sa carrière comique. Elle ne rejetait pas l'étiquette de « soubrette » qu'on lui avait si souvent collée, avouant : « J'ai joué plein de petites bonnes, souvent nunuches... oui, j'aime bien jouer les sottes, les idiotes, oui, j'aime bien... ».

Elle dévoilait son rêve d'alors, le cabaret et son envie de faire du music-hall et de chanter. Elle préparait d'ailleurs des chansons (dont Reviens minet) et cherchait des auteurs pour lui écrire des sketchs de présentation.

André Halimi l'interrogeait aussi sur le bégaiement, la différence entre le théâtre classique et le boulevard qu'elle trouvait « magnifique », notamment celui de Sacha Guitry. Elle avait apprécié qu'au théâtre, on lui ait donné l'occasion de jouer des rôles variés.

Un don pour faire rire

Le rire était inné chez elle et la comédienne expliquait n'avoir pas besoin de faire des efforts pour faire rire : « Je pense que j'ai un don comique. Moi, je n'ai pas travaillé mon comique. Je suis une nature comique, je n'imite personne. C'est moi. C'est comme ça... », déclarait-elle.

Sa notoriété, elle expliquait la devoir en grande partie à la télé grâce aux jeux « L'Académie des 9 » ou « Le kiosque à musique » avec Jacques Martin, que le public l'avait identifiée et aimée.

À la fin de l'entretien, Laurence Badie évoquait ses fous rires sur scène. Notamment celui avec Louis de Funès dans la pièce de théâtre Oscar qu'ils avaient jouée 1000 fois ensemble, ou dans La bonne adresse, avec Jean-Pierre Darras et Perrette Pradier, à cause d'une perruque de travers qui avait provoqué un scandale : « Le fou rire épouvantable, le public a commencé à protester... mais rien ne pouvait nous arrêter, sous les protestations du public, ça a duré dix minutes ». Elle relatait aussi comment une blague de Jean-Pierre Darras dans une pièce de Guitry l'avait empêchée de jouer une scène. Elle concluait que le rire c'était, « la plus belle chose du monde ».

S'orienter dans la galaxie INA

Vous êtes particulier, professionnel des médias, enseignant, journaliste... ? Découvrez les sites de l'INA conçus pour vous, suivez-nous sur les réseaux sociaux, inscrivez-vous à nos newsletters.

Suivre l'INA éclaire actu

Chaque jour, la rédaction vous propose une sélection de vidéos et des articles éditorialisés en résonance avec l'actualité sous toutes ses formes.