René de Obaldia, le cabotin des Lettres…

2017

Le dramaturge René de Obaldia souffle ses cent bougies le 22 octobre 2018. Romancier, poète français et même compositeur de chansons, le fringuant centenaire est un amoureux de la vie. Portrait en vidéos du plus cabotin de nos académiciens.

Reçu dans l'émission Thé ou café de Catherine Ceylac, le 28 mai 2017, l'écrivain se confiait sur sa vie et sur les grandes étapes de sa carrière et de son œuvre. A 98 ans, il faisait toujours preuve d'une vivacité d'esprit et d'une espièglerie exemplaires. Voici quelques moments choisis de cette émission.

Pour commencer, retrouvons René de Obaldia chez lui, dans un appartement niché dans le ciel, situé non loin de l'église de la Trinité à Paris. Il nous dévoile son caractère où se mêle profondeur et cabotinage. De nombreux traits d'humour ponctuent cette interview.

"Donc vous ne rangez pas ? Non, je dérange [rires]."

Il décrit son intérieur et les livres qu'il reçoit. L'occasion pour lui de dire combien il trouve la littérature actuelle nombriliste. Le courrier qu'il reçoit en abondance. Il donne ensuite un aperçu de ses journées : écriture, lecture, méditation, mais d'ajouter mutin... "Je bois et je fume encore."

"Avec l'émergence de la vieillesse d'anciens souvenirs resurgissent."

René de Obaldia est né le 22 octobre 1918 à Hong Kong. Picard par sa mère, il est également Panaméen par son père qu'il n'a pas connu. De cette famille panaméenne très célèbre, il évoque son arrière grand-oncle, qui a été le premier Président de la République du Panama. L'écrivain se souvient avec amour de sa grand-mère Honorine, une femme très pieuse qui l'a éveillé au mysticisme. Avec des étoiles dans les yeux, il évoque sa cousine Simone Roussel alias Michèle Morgan. Dans cette interview, il revient notamment sur ce père qui le recontacta brièvement après la guerre pour le féliciter de sa bravoure…

"L'homme c'est le meilleur et le pire. C'est Adolph Hitler et c'est Saint François d'Assise"

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Ses souvenirs de guerre. En 1940, il est emprisonné par les Nazis et interné quatre ans ½ dans un stalag en Pologne. Il en sort très affaibli pesant à peine 53 kilos… A sa sortie, il ne croyait pas que les camps d'extermination aient existé… "Je n'étais pas le seul… et puis je suis allé au Lutétia [l'hôtel qui accueillait les déportés à leur retour en France] où j'ai vu des morts vivants. C'est une des choses les plus abominables de notre temps." Il donne son opinion sur le sens du mot "humanité". Il conclut en expliquant que c'est l'humour qui l'a aidé à traverser cette période sombre.

"Pour devenir centenaire, il faut commencer très jeune"

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Sa vivacité intellectuelle, il la qualifie de "grâce". Son envie permanente d'apprendre, de lire et de relire et d'échanger avec les autres… "J'ai eu de la chance puisque j'ai obéi à ma vocation qui était d'écrire…"

Quant au reste, au sens de la vie, il lui reste étranger.

"Certains comédiens ne sont que lorsqu'ils paraissent… Il y a un mystère sur les œuvres comme sur les êtres… J'ai eu beaucoup de chance."

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René de Obaldia tente d'expliquer d'où lui vient la fantaisie de son écriture théâtrale. Il affirme ne pas être responsable de ce qu'il est. Il parle ensuite de ses rapports avec les comédiens tels Michel Bouquet, Rosy Varte (dont il a fait l'éloge funèbre) et Jean Rochefort font partie des acteurs qu'il a aimés.

"Je suis inquiet pour l'avenir…"

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Dans une société très complexe et mondiale, la montée des extrémismes lui semble dangereuse et aurait été impensable juste après-guerre. "On m'aurait dit à ce moment-là qu'on allait de nouveau retrouver des guerres de religion mais c'était impensable !"

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Dans ce dernier extrait, il accepte de jouer le jeu du "Face à face" avec l'animatrice et répond du tac au tac à quelques questions très intimes : Le moment le plus heureux de sa vie ? Le péché capital auquel il ne peut résister ? Que ferait-il de sa dernière journée? Il évoque la mort. Et s'il était Président de la République? Une convention sociale qui l'agace ? Le rêve qu'il n'a pas encore réalisé ? A qui il aimerait dire pardon ? La chanson qui le rend joyeux ?

Pour aller plus loin

"C'est une distanciation grâce à laquelle la vie devient supportable."

A propos de l'humour. Dialogue avec Michel Bouquet. (Rencontre avec Pierre Dumayet, 23 juin 1981)

"Le théâtre est un accident pour moi… pas un jour je ne songeais devenir auteur dramatique. Je ne connaissais pas le milieu théâtral..."

A Royaumont, lieu qui lui inspira Le défunt, sa première pièce, il évoque le théâtre et son statut d'auteur dramatique. Lui qui rêvait de Belles Lettres et de poésie, ne pensait pas écrire pour le théâtre un jour. Au théâtre, les personnages s'incarnent et "cela devient fascinant…" Ses relations particulières avec les interprètes qui ont porté ses textes. (Rencontre avec Pierre Dumayet, 23 juin 1981) 

"Les mystiques sont ceux qui sont arrivés à une perception la plus bouleversante de la condition humaine…"

Dans cet extrait, l'écrivain évoque sa relation au mysticisme. C'est davantage l'univers spirituel que la religion qui l'intéresse. Les mystiques le passionnent. L'importance pour lui de Maître Eckhart (1260-1328), un théologien et philosophe dominicain, le premier des mystiques rhénans : "Mais toute l'expérience mystique m'a passionné, en ce sens qu'elle rejoint l'univers poétique". Il cite Paul Valéry qu'il admirait : "La foi consiste à ne pas croire". Ce qui est important, c'est la foi, c'est la vision des choses invisibles". (Rencontre avec Pierre Dumayet, 23 juin 1981)  

"Moi j'aimerais bien être poussé dans un landeau dans les allées du bois. Ça serait assez charmant…"

René de Obaldia explique ce qui reste de l'enfance dans l'âge adulte et qui a trait avec la nostalgie. (Rencontre avec Pierre Dumayet, 23 juin 1981)

"En général, j'aime la nourriture sous toutes ses formes. C'est assez miraculeux la nourriture…" La morale, c'est déjà en un sens un asservissement de l'homme… Quant à la politique, c'est quelque chose de théâtralement  très intéressant. Il y a de très bons acteurs…"

"La nourriture est miraculeuse", partant de ce constat, René de Obaldia parle de son appétit pour tout ce qui concerne la vie. Quant au dégoût, il évoque ses répulsions "de toute morale et de toute politique". Il parle de sa captivité durant la Seconde Guerre mondiale ; une de ses sources d'inspiration. La captivité lui a donné de la grâce dans l'écriture : "A partir de cette notion d'enfer que j'ai vécue, c'est peut-être ce qui m'a permis d'écrire ces poèmes pour les enfants." (Entretien avec Pierre Dumayet, 23 juin 1981) 

En 1959, à la quarantaine, René de Obaldia écrit Le centenaire, un roman qui pourrait prendre une allure de prémonition, pour celui qui souffle ses cent bougies le 22 octobre 2018 !

"Si nous mourrons, c'est par manque de mémoire. Si je perds la mémoire, je me perds moi-même…"

Lecture pour tous : Le centenaire (11 novembre 1959) 

René de Obaldia à la radio

Le goût des livres : Tamerlan des cœurs (30 mai 1955)

Tous les plaisirs du jour sont dans la matinée. Emission de José Pivin (Premium, 16 janvier 1960) 

 Radioscopie de René de Obaldia, présentée par Jacques Chancel (Premium, 17 novembre 1971) 

For intérieur : René de Obaldia, interrogé par Olivier Germain-Thomas à propos de Dieu et du diable et de la spiritualité. (Extrait du 4 novembre 2001) 

7-9 du weekend : L'écrivain et académicien est l'invité de Patricia Martin et Fabrice Drouelle à l'occasion de la sortie de son dernier livre La Jument du capitaine. "J'ai en moi ce sentiment tragique de la vie… l'humour fait un rempart contre la tragédie."(12 juin 2011)  

"Je n'ai jamais eu la notion de temps, c'est peut-être ce qui m'a sauvé".

Tout compte fait, présenté par Paula Jacques. L'écrivain évoque la vieillesse et la mort à propos de son livre des années 50 intitulé Le centenaire. Les différentes morts qu'il a imaginées dans "Exobiologie"… "J'aimerais réussir ma mort !" (Extrait, 14 juillet 2012) 

Toute notre offre sur René de Ovaldia (vidéo et audio) 

Rédaction Ina le 18/10/2018 à 16:21.
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