L'homophobie dans le sport

2013

Du 4 au 12 août 2018, Paris accueille la 10e édition des Gay Games, les Jeux internationaux homosexuels. L'occasion de faire le point sur l'homophobie qui reste fréquente dans le sport.

En 2013, Paris obtenait l'organisation des 10e Gay Games. Pour sa deuxième candidature, Paris était très soutenu, à droite comme à gauche. C'est à Cleveland que la ministre aux sports, à la jeunesse d'alors, Nathalie Fourneyron, s'était rendue, en compagnie de Michel Geffroy et Chris Fanuel, co-présidents, pour défendre la candidature française.

Chris Fanuel décrivait ainsi l'importance de cet événement international : "C'est le plus grand événement culturel et sportif au monde, ouvert à tous, aussi bien homos qu'aux hétéros. Sans distinctions, que ce soit d'origine politique, de nationalité, d'orientation sexuelle, de niveau sportif, ou d'âge. Donc, c'est vraiment fédérer ensemble autour du sport et de la culture et du partage, autour de belles valeurs comme la tolérance."

Ils seront donc 15 000 à concourir dans une quarantaine de disciplines, répartis dans des structures sportives à Paris et en île de France. La cérémonie d'ouverture se déroulant au stade Jean Bouin.

"Tu tires comme un pédé !"

Pratiquer un sport lorsqu'on est homosexuel relève parfois d'une mission difficile, voire impossible, surtout dans les disciplines à connotation "virile", comme le foot ou le rugby. Il y a toujours cette omerta. Omerta dans les douches, les tribunes et les stades. L'image de l'homo est incompatible avec la virilité supposément sportive. Trop souvent les insultes homophobes font partie du langage commun. Mais toutes les activités sont touchées.

Cette enquête, diffusée en 2010, est éloquente et les témoignages de Jérôme Chiavasa Szenberg, nageur homosexuel et de Raphaël Demanesse, nageur hétérosexuel au club Paris Aquatique, édifiants. Ce club de natation prône la tolérance et accueille une majorité d'homosexuels qui cherchent ici à pratiquer leur sport sans ostracisme. Luc Perrin-Pelletier, président du club Paris Aquatique affirme cette "volonté d'égalité d'accès à l'activité sportive sans discrimination".

2010

En 2012, des sportifs homosexuels peuvent s’entraîner en toute transparence et sans discrimination, notamment dans le club "Be yourself Provence", à Bollène. Martial Ait-Braham et son compagnon Christopher Ledrich, membres du club, témoignent de leurs expériences dans ce club et des discriminations subies. Puis lors d'une réunion de "Paris foot gay", qui rassemble des éducateurs sportifs, Jacques Lize, responsable de formation, explique la démarche de son association.

2012

"On est homosexuel et on en parle pas."

Les mentalités son difficiles à changer… et certains décident courageusement de faire tomber les masques. Peu de sportifs ont osé faire leur "coming out" et lorsqu'ils le font, ils subissent encore les critiques et les attaques personnelles. Ce fut le cas pour Amélie Mauresmo en 1999.

Dans le foot, en 2009, le premier à avoir assumé sa différence s'appelle Yoann Lemaire. Dans son livre-témoignage, Je suis le seul joueur de foot homo, enfin j'étais, il témoigne des insultes, puis progressivement de l'éviction du stade qu'il a subi : "Clairement, ils m'insultaient de tarlouze, de pédé, de tapette, de tantouze… derrière les caméras, dans l'indifférence complète du club. Non, il y a un moment où ce n'est plus possible ! 

"Paris Foot Gay" est un club qui accueille ouvertement les homosexuels. Pascal Brethès, président du club reconnait qu'il y a des choses à changer dans le football : "On sait très bien qu'il y a des entraîneurs qui dès le très jeune âge disent à leur gamin, tu tires comme un pédé. On est dans les clichés toujours du sous-homme. Il faut vraiment travailler sur la prévention, sur l'éducation. Le répressif est obligatoire car on ne pourra pas avancer tant qu'il y aura un climat aussi délétère".  

2009

En 2017, pour son tout premier déplacement, la ministre des Sports Laura Flessel rencontre les membres de l'association Le Refuge dans le 12e arrondissement de Paris, dont la vocation est d'offrir un hébergement temporaire et de soutenir les jeunes homosexuels majeurs victimes d'homophobie et de transphobie. Une manière officielle de faire svoir que désormais sport doit rimer avec fraternité et non plus discrimination.

2017

Pour aller plus loin

En 1997, dans le cadre de l'Europride, Paris accueillait les Eurogames réservés aux athlètes homosexuels : gays et lesbiennes. 

Le ministère des sports lance une campagne contre les discriminations dans le sport, avec un clip dans lequel des sportifs réalisent le plus long coup de sifflet du monde. 

Rédaction Ina le 02/08/2018 à 10:51.
Dernière mise à jour le 02/08/2018 à 11:54.
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